Kèpos signe un partenariat avec Radio Caraïb Nancy

Implantée depuis plus de trente ans sur le Plateau de Haye et forte de 57 animateurs bénévoles, Radio Caraib Nancy est un véritable vecteur de cohésion sociale. Créée par une éducatrice et des jeunes de quartier, l’association participe à la vie et aux enjeux de la Métropole du Grand Nancy par le biais de ses programmes.

La radio associative diffuse depuis sa création des valeurs fortes que nous partageons telles que la solidarité et la coopération. Elle donne la voix à ceux que l’on entend peu en créant un dialogue entre les habitants du quartier, les associations et les institutions du Grand Nancy, via une grille d’émissions culturelles, sociétales, musicales, économiques et environnementales. C’est sur cette dernière thématique que Kèpos et RCN ont décidé de s’associer.

L’émission « Bio Diversité » s’engage ainsi à recevoir toutes les deux semaines un membre du Jardin, lauréat de la Serre à Projets ou un partenaire de Kèpos sous la forme d’une interview ou d’un reportage d’une durée de trente minutes. Les émissions pré-enregistrées sont diffusées le deuxième et quatrième jeudi du mois entre 12h et 12h30 sur la fréquence 90.7 FM. Une manière de faire gagner en visibilité les projets de notre communauté et de diversifier nos canaux de communication.

La recyclerie « La Benne Idée » s’est déjà prêtée à l’exercice début octobre ! Vous pourrez retrouver prochainement les émissions sur notre blog mais également sur le site internet de Radio Caraib.

L’émission vous intéresse ? Une actualité importante dont vous aimeriez que nous parlions ? Faites-nous en part n’hésitez pas à également nous consulter si vous avez des questions !

La coopération au cœur des enjeux de transition écologique

Les enjeux écologiques sont une invitation à reconfigurer les modalités de la vie économique, de la compétition à la coopération. En effet, la coopération apparaît comme une approche qui est :

  • Plus efficiente, garantissant un meilleur usage des ressources.
  • Plus efficace, rendant possible l’atteinte de meilleurs résultats en matière d’impact écologique.
  • Davantage porteuse de sens, à l’heure où la question du sens se pose avec acuité à nos organisations économiques, sociales et politiques.

Des enjeux vitaux

Les enjeux liés à la crise écologique sont vitaux pour l’humanité. Quelques chiffres pour l’illustrer :

  • Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) représentent 81 % du mix d’énergie primaire dans le monde. Il nous faut, d’ici 2050, quasiment réduire à 0 cette consommation.
  • Le pic du pétrole conventionnel a été atteint depuis 2005. Le maintien de la production ne peut s’effectuer qu’avec le recours aux pétroles non conventionnels. On ne sait combien de temps ceux-ci pourront assurer nos approvisionnements.
  • Le taux de CO2 dans l’atmosphère est aujourd’hui au niveau le plus élevé depuis 3 millions d’années.
  • Pour atteindre la neutralité carbone, il nous faut diminuer nos émissions de Gaz à Effets de Serre par un facteur 6 d’ici 2050 par rapport à 1990, tout en doublant la capacité de nos écosystèmes à stocker du carbone. Pour l’instant, nous avons à peine parcouru 20 % du chemin (en 30 ans), et seulement via la délocalisation de notre industrie.
  • Le scenario as usual nous met tout droit sur le route d’une augmentation de la température mondiale de + 4°C d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle. Aujourd’hui, nous en sommes déjà à + 1,09°C.
  • La crise de la biodiversité actuelle est vue par les chercheurs comme la 6ème extinction massive des espèces. La précédente date d’il y 60 millions d’années. Celle-ci menace nos approvisionnements alimentaires, la fertilité de nos sols, la disponibilité d’une eau favorable à la consommation humaine, etc.

Nous sommes donc face à une crise globale, systémique, « un nouveau régime climatique » comme le dit Bruno Latour. L’homme est devenu une force géologique, qui modifie la structure du système terre : on parle d’« anthropocène », l’ère géologique de l’homme. Dès lors, la transition écologique est un processus de transformation radicale et multidimensionnelle, qui vise à apaiser les contradictions que l’homme a introduites dans le système terre, et qui menacent sa pérennité.

La nécessité de cette transformation concerne tous les acteurs : acteurs publics, entreprises, société civile, citoyens, etc.

La coopération : une nécessité

La vie économique est au cœur des mutations à accomplir. Les modalités d’organisation des échanges doivent évoluer face aux caractère critique des enjeux liés à la transition écologique. La vie économique est en effet organisée selon le principe de la mise en concurrence. La « concurrence libre et non faussée » promue par l’Union Européenne est un principe important pour garantir que la compétition économique soit loyale. Par ailleurs, les étudiants en gestion connaissent bien la matrice créée par Michael Porter, qui montre que la concurrence ne se limite pas à celle directe avec les offreurs des mêmes produits que soi, mais qu’elle est présente tout au long de la chaîne de valeur, vis à vis des fournisseurs, des clients (via leur pouvoir de négociation), vis à vis de nouveaux entrants, ou de produits de substitution. On aboutit alors à un modèle concurrentiel généralisé, centré sur le profit, très efficace pour la création de richesses, mais sans doute beaucoup moins pour leur répartition.

La difficulté aujourd’hui est qu’il faut rentrer dans un modèle de sobriété, qui clairement vient percuter de plein fouet les logiques de croissance. Les indicateurs de succès d’une entreprise doivent se déplacer de la sphère financière vers de nouveaux indicateurs de maintien des ressources, de neutralité carbone, de régénération des écosystèmes naturels et de résilience des organisations humaines. Il nous faut donc glisser d’un modèle concurrentiel qui permet une maximisation de la richesse produite, à un nouveau modèle de relation qui permettent d’atténuer nos impacts, de mieux anticiper des risques, de réagir avec cohésion aux situations de crise.

Ce nouveau modèle de relation inter-organisations, c’est la coopération : une manière de résoudre collectivement des problématiques communes en misant sur le partage de l’information, la mutualisation de ressources, la synergie entre activités, la répartition équitable du pouvoir de décision et de la valeur créée. C’est un mode de relation qui doit être régulé par la puissance publique pour s’assurer que l’intérêt collectif soit en son centre. Il est une nécessité au moment où la société est traversée de forces centrifuges qui menacent sa cohésion.

Pour reprendre le propos de notre introduction, la coopération est :

  • Plus efficiente : la mutualisation de ressources a pour effet la limitation de leur gaspillage.
  • Plus efficace dans ses impacts écologiques et sociaux : elle permet une orientation collective des efforts vers des objectifs de sobriété, en offrant un espace de dialogue, de partage de connaissances et de délibération collective susceptible de placer des objectifs écologiques ambitieux au cœur de l’action collective. En outre, elle garantit une meilleure coordination des efforts, en suscitant un apprentissage collectif qui permet de gagner en efficacité.
  • Porteuse de davantage de sens : elle est une réponse au gouffre actuel entre le gigantisme des moyens techniques à notre disposition, et l’anomie des objectifs de nos organisations. Elle recrée du sens pour tous et pour chacun. Elle permet une herméneutique du réel qui oriente vers un objectif de maintien de l’humanité et de la nature dans leur être.

L’exemple de la SCIC Kèpos

Kèpos (« Jardin » en grec ancien) expérimente un modèle écosystémique pour œuvrer collectivement, via la coopération inter-entreprise, à la transition écologique du territoire. Il s’agit d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) : une société commerciale avec un fonctionnement coopératif, qui se définit vis à vis d’un intérêt collectif, à mi-chemin de l’intérêt privé et de l’intérêt général, autour de la transition écologique de son territoire d’implantation, la région nancéienne.

Kèpos est constitué d’un noyau de 24 entreprises, TPE, travailleurs indépendants, associations, engagés sur les questions écologiques, et qui sont dans une logique de développement afin de maximiser leurs impacts écologiques et sociaux. Le but est de passer des seuils de manière collective, la coopérative jouant le rôle d’un outil de développement mutualisé. L’écosystème d’activités ainsi formé est composé d’acteurs qui ne sont ni sur les mêmes métiers, ni sur les mêmes marchés, ni sur les mêmes secteurs, favorisant par là-même leurs interactions.

La coopération s’y vit de plusieurs manières :

  • Via une gouvernance multipartite, incluant des acteurs privés et publics, créant une véritable entreprise partagée.
  • Par un accompagnement des dirigeants de chaque membre, afin de l’aider à prendre de la hauteur.
  • En privilégiant un développement endémique de relations entre membres et avec les partenaires de l’écosystème, s’appuyant sur des fertilisations croisées tout azimut. Les relations d’affaire entre membres n’ont de cesse de s’y multiplier.
  • A travers des propositions de formations pour monter en compétence individuellement et collectivement.
  • Via la mutualisation de ressources auxquelles aucun des membres, seul, ne pourrait prétendre.
  • En organisant des rencontres avec des experts des questions écologiques, notamment des universitaires.
  • En mutualisant les offres et en menant une prospection collective des gros donneurs d’ordres.
  • En proposant aux coopérateurs un bouquet de services : conseil, recherche de financement, recrutement, etc.
  • En mettant en place une représentation commune auprès des pouvoirs publics.
  • En vivant tout cela dans un climat de convivialité et d’entraide.

Kèpos est à l’heure actuelle en train de chercher à étendre son modèle au-delà de son premier cercle de coopérateurs. C’est tout le sens de la labellisation PTCE émergents (Pôle Territorial de Coopération Economique) que la coopérative vient d’obtenir dans le cadre du Plan de relance. La relation avec la sphère publique n’est pas oubliée, et certaines collectivités sont entrées au capital de la SCIC. Kèpos se pose ainsi en relais proactif de politiques publiques qui peu à peu se construisent en matière de transition écologique, en même temps qu’il cherche à les influencer.

Dans le contexte des crises climatique et de la biodiversité, les expérimentations, telles celle menée par Kèpos, sont des jalons essentiels pour réorienter l’activité économique vers la durabilité et la sobriété. Il est crucial que ces expérimentations puissent prospérer et tenter de trouver des solutions pour que les enjeux écologiques soient réellement à l’agenda des entreprises.

Revue de projets #22 : la Benne Idée

A l’occasion du lancement de son financement participatif, la Benne Idée, nouvelle recyclerie créative sur la Métropole du Grand Nancy membre de Kèpos, répond à quelques unes de nos questions !

La Benne Idée, c’est quoi ? C’est qui ?

La Benne Idée c’est toi, c’est elle, c’est lui, c’est moi, c’est tout ceux qui veulent contribuer à diminuer la prolifération des déchets, et le faire de manière solidaire. Concrètement c’est une association qui collecte, valorise et vend à prix solidaires les objets de l’habitat (mobilier, bibelots, vaisselles, bricolage, …). L’association fonctionne grâce à l’implication de bénévoles, de réseaux partenaires (Le Plan B, le Florain, Kepos, le Réseau National des Ressourceries), et de son premier salarié !!

En quoi est-ce que votre projet contribue à la transition écologique et sociale du territoire ?

Nous y contribuons, modestement, en donnant une deuxième vie à des objets destinés à être jetés. Cela présente deux avantages: éviter la production d’un nouvel objet, et éviter la production d’un déchet. La recyclerie a également un impact social puisque nous vendons à prix solidaire. Cela permet aux personnes en difficultés de s’équiper. Nous allons également mettre en place un atelier chantier insertion, et ainsi créer des emplois pour sept personnes d’ici la fin d’année. Enfin en communiquant, en faisant des ateliers, on contribue à changer les modes de consommation.

Vous aviez été interviewés il y a un an environ, quand vous intégriez la Serre à Projet. Que s’est-il passé depuis ?

Aahhhh, ça semble loin maintenant !!! Beaucoup de sueur a coulé sous les ponts depuis. On a finalisé notre étude de faisabilité et elle a été validée par l’ensemble des partenaires du projets. Ca nous a permis de commencer l’activité collecte et rénovation en test dans la grande halle de l’Octroi. Grace à la mairie de Jarville, on s’est aussi installés dans un grand local au 16 avenue de la Malgrange. Ca nous a pris pas mal de temps de le nettoyer et le mettre en état avec des aménagement sommaires avant l’été. Depuis cet été on a commencé les ventes à prix solidaires via le site internet. Enfin, on assure maintenant des permanences les mercredi (10h-17h) et samedis (10h-13h). C’est top, on voit plein de monde qui à la fois apporte des objets et en achète. On reçoit plein de soutien, ca fait plaisir de voir qu’on rend service. L’activité créative démarre petit à petit, on va renouveler un partenariat avec l’Ecole de Design (ENSAD) et ainsi accueillir un groupe d’étudiants qui va développer des projets pendant un an. On a également démarré un projet avec l’atelier de tapisserie DM pour la valorisation d’éléments d’assise.

Quelle progression ! Si tout se passe comme dans un rêve, à quoi ressemblera la Benne Idée dans 5 ans ?

Dans un rêve, on n’existerait plus parce qu’il y aurait plus de déchets à collecter et plus personne en difficulté. Mais bon, on y croit pas, donc on va se contenter d’une version réaliste: dans 5 ans on sera toujours à Jarville, dans un beau local intégré à la futur cité des métiers d’art, avec une chouette équipe de bénévoles et des anciens salariés en insertion qui viennent nous rendre visite pendant la pause de leur nouveau boulot. L’activité créative se sera bien développée et on pourra proposer des objets créatifs en partenariat avec des artisans locaux qui se vendront en Florains 😉

Vous avez lancé une campagne de financement participatif qui prend fin le 30 septembre. A quoi va vous servir l’argent collecté ?

L‘argent collecté va nous servir à acquérir un camion, lequel nous permettra d’effectuer des collectes, de participer à des évènements, et exceptionnellement effectuer des livraisons. Pour nous c’est une première cette campagne. Elle part très bien, et au delà du montant, ça donne vraiment un gros coup de boost de recevoir autant de soutien. On se dit que le projet a vraiment du sens et qu’il est bien accueilli.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, avez-vous un mot de la fin ?

On va vous souhaiter une très Benne journée 🙂

Kèpos lance son catalogue de prestations dédiées à la transformation écologique des entreprises et des territoires

Kèpos et ses membres proposent depuis 2019 des offres de formations et d’ateliers diversifiées et adaptées aux différents publics à former et/ou sensibiliser : salariés d’entreprises ou de collectivités, élus, responsables ou bénévoles associatifs, particuliers, etc. Début 2021, notre nouveau catalogue de prestations vient compléter cette offre afin d’accompagner la transformation écologique des entreprises et territoires.

Riche d’une cinquantaine de fiches, il propose un large éventail de services avec un point commun : la prise en compte des problématiques environnementales et sociales qu’entreprises, associations ou territoires peuvent aujourd’hui rencontrer. Notre but : vous proposer une offre globale de transformation écologique de votre organisation, dans l’ensemble de ses dimensions : management, conception/production, énergie, systèmes d’informations, expertise-comptable, alimentation, aménagements extérieurs, etc.

Vous cherchez un support informatique qui maîtrise les enjeux de sobriété numérique ? Une prestation de communication ou comptable qui prend en compte les questions environnementales ? Un traiteur bio et local ? Un énergéticien pour maîtriser vos dépenses énergétiques ?

Vous les trouverez dans ce nouveau catalogue, aux cotés de nombreuses autres propositions, à télécharger sous ce lien ! Et bien sûr, n’hésitez pas à nous consulter pour toute demande particulière !

La consommation durable : un oxymore à dépasser !

Ce blog est l’espace d’expression de la SCIC Kèpos et de ses membres. Aussi donnons-nous la parole aujourd’hui à Chloé Lelarge, fondatrice du cabinet Frugali, experte sur les questions d’alimentation responsable et de consommation durable, et membre fondatrice de Kèpos.

Le Petit Robert définit le terme consommer comme suit : « Mener (une chose) au terme de son accomplissement (➙ consommation). … Consommer le mariage : accomplir l’union charnelle. Amener (une chose) à destruction en utilisant sa substance ; en faire un usage qui la rend ensuite inutilisable. ➙ user de, utiliser »

Quelle dualité au sein de l’action la plus populaire et banale de notre quotidien ! A première vue, rien de très durable dans cette action ; car durabilité fait aujourd’hui écho à l’idée de pérennité. Consommation et durabilité, deux notions qui semblent antinomiques, contraires. Mais à l’heure où la consommation est le fondement de notre société, peut-on s’aventurer à imaginer le dessein d’un projet de société basé sur la consommation durable ?

Une consommation désenchantée

A l’aube des années 50 est entrée en marche ce que l’on a nommé « la société de consommation ». Tels un véritable monstre semblable au ventre de Paris dont parlait Victor Hugo, la société et ses membres se sont dotés d’un pouvoir d’achat et d’acquisition puissant. Si puissant qu’avec lui, ils ont embarqué l’agriculture, et notre relation au vivant. Tout ce qui est, ou était, est devenu “biens de consommation”. Parallèlement à cette facilité d’acquisition, les femmes ont accédé au marché de l’emploi, et l’entrée dans les foyers de nombreux objets ménagers a permis une véritable émancipation, un gain de temps et une économie d’effort.

Mais aujourd’hui, en proie aux perspectives noires du réchauffement climatique et à la crise sanitaire mondiale, n’est il pas temps de ralentir ? Bien plus que des biens et services, nous consommons sentiments, relations et expériences. La pandémie marque un coup d’arrêt à notre frénésie et nous sommes obligés de nous stopper net. Perdus et hagards, apeurés par cette idée puissante de vide, nous nous retrouvons à prendre conscience de notre fragilité et fébrilité face aux vivants.

Par-delà l’assouvissement ultime de besoins non indispensables, que cherchons nous à combler ? Sommes-nous en mal d’amour, de liens, d’échanges ? Nous répondons à cette demande de contact via les applications et les réseaux sociaux. Course ultime, quête de la personne parfaite, aucune satisfaction pérenne ne se dégage de ces modes de consommation. Pire encore, ils donnent la sensation que tout est possible, ignorant effort et patience ; ils piétinent le sens de nos vies.

Les impasses de la culpabilité

Dans cet article nous tentons de répondre à ces questions pour esquisser des pistes permettant de faire autrement. Alors consommer durablement, est-ce renoncer au confort matériel, à la joie de se faire plaisir, à celle d’offrir, à celle de recevoir ?

Voici une tentative de réponse. Aujourd’hui nous n’allons pas vous parler d’écologie, ni même de climat mais plutôt de simplicité, de découverte, et de joie de vivre et faire pour soi et les autres. Car insister sur la responsabilité, l’ acte d’achat, la conscience, la prise de conscience… se résume plus à une forme de culpabilité qu’à un point de départ en faveur du changement ! Non là ne peut pas être le point de départ d’une véritable transformation.

Deux extrêmes s’opposent et produisent un sentiment de distance, de mépris, de lassitude, à l’égard de tout changement, gestes et pratiques contribuant à une “forme de durabilité”. Il en ressort un assez vulgaire « après moi le déluge”. Là n’est pas le propos, et trouver des raisons rationnelles au changement pour faire évoluer un individu est presque perdu d’avance.

Opérer une mise en action positive

Deux choses sont donc nécessaires pour une prise de conscience et une traduction dans les actes. D’une part, que ce soit à l’échelle d’un individu, d’un foyer, d’une collectivité, d’une entreprise ou encore au sommet de l’État, rien ne se fera sans effort consacré au changement et qui concerne l’individuel et le collectif. D’autre part, le premier acte de l’effort devra toujours porter sur quelque chose d’accessible.

Revenons aux actes de consommation : que disent-ils de nous ? Que ce soit l’achat d’un objet neuf pour un anniversaire, la consommation effrénée de viande, la confiance accordée aux fake news, nous y plaçons des critères de confiance et de réassurance. Or, l’humanité s’est construite à travers les traditions, celles qui ont forgé la transmission de la pratique. Petit à petit, la société de consommation est venue remplacer cette forme de tradition et, avec elle nos savoirs, nos savoir-faire, nos relations aux autres. A défaut de vous servir un « c’était mieux avant » ou d’exhorter les boomer à ramasser leurs déchets, je vous propose de changer dans votre tête, de modifier votre point de vue . Se défaire de l’acte de consommer en devient totalement libérateur, car il enlève tout rapport marchand et graduel à l’autre.

Alors par quoi/par où commencer pour que l’étape première de notre changement soit un début prometteur ? Nous pouvons recenser tout ce qui nous est agréable dans notre quotidien. Ce dont nous avons besoin pour nous sentir bien. Quatre dimensions peuvent nous convaincre de changer : l’écologie, l’économie, la santé et le lien social. Alors notre sage capacité à la résilience pourra nous mener à une consommation dite durable. Et ce d’autant plus que, si la consommation doit se heurter à un brusque et violent traumatisme sociétal, environnemental, économique et sanitaire, la résilience passe principalement et tout d’abord par le principe d’altérité : connaître et vivre avec l’autre dans un souci d’entraide.

PS : Quelques petites évolutions peuvent nous donner un peu de confiance, telles ces aspects réglementaires liés à la loi Climat en préparation :

  • Obligation d’ici 2030 pour les commerces de détail de plus de 400 m 2 de consacrer au moins 20 % de leur surface au vrac.
  • Expérimentation du « Oui pub » : interdiction de la distribution à domicile d’imprimés papiers ou cartonnés non adressés lorsque l’autorisation de les recevoir n’est pas expressément affichée sur la boîte aux lettres.
  • Instauration d’un « Eco-score » : amélioration de l’information du consommateur sur l’empreinte carbone des produits.