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La coopération au cœur des enjeux de transition écologique

Les enjeux écologiques sont une invitation à reconfigurer les modalités de la vie économique, de la compétition à la coopération. En effet, la coopération apparaît comme une approche qui est :

  • Plus efficiente, garantissant un meilleur usage des ressources.
  • Plus efficace, rendant possible l’atteinte de meilleurs résultats en matière d’impact écologique.
  • Davantage porteuse de sens, à l’heure où la question du sens se pose avec acuité à nos organisations économiques, sociales et politiques.

Des enjeux vitaux

Les enjeux liés à la crise écologique sont vitaux pour l’humanité. Quelques chiffres pour l’illustrer :

  • Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) représentent 81 % du mix d’énergie primaire dans le monde. Il nous faut, d’ici 2050, quasiment réduire à 0 cette consommation.
  • Le pic du pétrole conventionnel a été atteint depuis 2005. Le maintien de la production ne peut s’effectuer qu’avec le recours aux pétroles non conventionnels. On ne sait combien de temps ceux-ci pourront assurer nos approvisionnements.
  • Le taux de CO2 dans l’atmosphère est aujourd’hui au niveau le plus élevé depuis 3 millions d’années.
  • Pour atteindre la neutralité carbone, il nous faut diminuer nos émissions de Gaz à Effets de Serre par un facteur 6 d’ici 2050 par rapport à 1990, tout en doublant la capacité de nos écosystèmes à stocker du carbone. Pour l’instant, nous avons à peine parcouru 20 % du chemin (en 30 ans), et seulement via la délocalisation de notre industrie.
  • Le scenario as usual nous met tout droit sur le route d’une augmentation de la température mondiale de + 4°C d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle. Aujourd’hui, nous en sommes déjà à + 1,09°C.
  • La crise de la biodiversité actuelle est vue par les chercheurs comme la 6ème extinction massive des espèces. La précédente date d’il y 60 millions d’années. Celle-ci menace nos approvisionnements alimentaires, la fertilité de nos sols, la disponibilité d’une eau favorable à la consommation humaine, etc.

Nous sommes donc face à une crise globale, systémique, « un nouveau régime climatique » comme le dit Bruno Latour. L’homme est devenu une force géologique, qui modifie la structure du système terre : on parle d’« anthropocène », l’ère géologique de l’homme. Dès lors, la transition écologique est un processus de transformation radicale et multidimensionnelle, qui vise à apaiser les contradictions que l’homme a introduites dans le système terre, et qui menacent sa pérennité.

La nécessité de cette transformation concerne tous les acteurs : acteurs publics, entreprises, société civile, citoyens, etc.

La coopération : une nécessité

La vie économique est au cœur des mutations à accomplir. Les modalités d’organisation des échanges doivent évoluer face aux caractère critique des enjeux liés à la transition écologique. La vie économique est en effet organisée selon le principe de la mise en concurrence. La « concurrence libre et non faussée » promue par l’Union Européenne est un principe important pour garantir que la compétition économique soit loyale. Par ailleurs, les étudiants en gestion connaissent bien la matrice créée par Michael Porter, qui montre que la concurrence ne se limite pas à celle directe avec les offreurs des mêmes produits que soi, mais qu’elle est présente tout au long de la chaîne de valeur, vis à vis des fournisseurs, des clients (via leur pouvoir de négociation), vis à vis de nouveaux entrants, ou de produits de substitution. On aboutit alors à un modèle concurrentiel généralisé, centré sur le profit, très efficace pour la création de richesses, mais sans doute beaucoup moins pour leur répartition.

La difficulté aujourd’hui est qu’il faut rentrer dans un modèle de sobriété, qui clairement vient percuter de plein fouet les logiques de croissance. Les indicateurs de succès d’une entreprise doivent se déplacer de la sphère financière vers de nouveaux indicateurs de maintien des ressources, de neutralité carbone, de régénération des écosystèmes naturels et de résilience des organisations humaines. Il nous faut donc glisser d’un modèle concurrentiel qui permet une maximisation de la richesse produite, à un nouveau modèle de relation qui permettent d’atténuer nos impacts, de mieux anticiper des risques, de réagir avec cohésion aux situations de crise.

Ce nouveau modèle de relation inter-organisations, c’est la coopération : une manière de résoudre collectivement des problématiques communes en misant sur le partage de l’information, la mutualisation de ressources, la synergie entre activités, la répartition équitable du pouvoir de décision et de la valeur créée. C’est un mode de relation qui doit être régulé par la puissance publique pour s’assurer que l’intérêt collectif soit en son centre. Il est une nécessité au moment où la société est traversée de forces centrifuges qui menacent sa cohésion.

Pour reprendre le propos de notre introduction, la coopération est :

  • Plus efficiente : la mutualisation de ressources a pour effet la limitation de leur gaspillage.
  • Plus efficace dans ses impacts écologiques et sociaux : elle permet une orientation collective des efforts vers des objectifs de sobriété, en offrant un espace de dialogue, de partage de connaissances et de délibération collective susceptible de placer des objectifs écologiques ambitieux au cœur de l’action collective. En outre, elle garantit une meilleure coordination des efforts, en suscitant un apprentissage collectif qui permet de gagner en efficacité.
  • Porteuse de davantage de sens : elle est une réponse au gouffre actuel entre le gigantisme des moyens techniques à notre disposition, et l’anomie des objectifs de nos organisations. Elle recrée du sens pour tous et pour chacun. Elle permet une herméneutique du réel qui oriente vers un objectif de maintien de l’humanité et de la nature dans leur être.

L’exemple de la SCIC Kèpos

Kèpos (« Jardin » en grec ancien) expérimente un modèle écosystémique pour œuvrer collectivement, via la coopération inter-entreprise, à la transition écologique du territoire. Il s’agit d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) : une société commerciale avec un fonctionnement coopératif, qui se définit vis à vis d’un intérêt collectif, à mi-chemin de l’intérêt privé et de l’intérêt général, autour de la transition écologique de son territoire d’implantation, la région nancéienne.

Kèpos est constitué d’un noyau de 24 entreprises, TPE, travailleurs indépendants, associations, engagés sur les questions écologiques, et qui sont dans une logique de développement afin de maximiser leurs impacts écologiques et sociaux. Le but est de passer des seuils de manière collective, la coopérative jouant le rôle d’un outil de développement mutualisé. L’écosystème d’activités ainsi formé est composé d’acteurs qui ne sont ni sur les mêmes métiers, ni sur les mêmes marchés, ni sur les mêmes secteurs, favorisant par là-même leurs interactions.

La coopération s’y vit de plusieurs manières :

  • Via une gouvernance multipartite, incluant des acteurs privés et publics, créant une véritable entreprise partagée.
  • Par un accompagnement des dirigeants de chaque membre, afin de l’aider à prendre de la hauteur.
  • En privilégiant un développement endémique de relations entre membres et avec les partenaires de l’écosystème, s’appuyant sur des fertilisations croisées tout azimut. Les relations d’affaire entre membres n’ont de cesse de s’y multiplier.
  • A travers des propositions de formations pour monter en compétence individuellement et collectivement.
  • Via la mutualisation de ressources auxquelles aucun des membres, seul, ne pourrait prétendre.
  • En organisant des rencontres avec des experts des questions écologiques, notamment des universitaires.
  • En mutualisant les offres et en menant une prospection collective des gros donneurs d’ordres.
  • En proposant aux coopérateurs un bouquet de services : conseil, recherche de financement, recrutement, etc.
  • En mettant en place une représentation commune auprès des pouvoirs publics.
  • En vivant tout cela dans un climat de convivialité et d’entraide.

Kèpos est à l’heure actuelle en train de chercher à étendre son modèle au-delà de son premier cercle de coopérateurs. C’est tout le sens de la labellisation PTCE émergents (Pôle Territorial de Coopération Economique) que la coopérative vient d’obtenir dans le cadre du Plan de relance. La relation avec la sphère publique n’est pas oubliée, et certaines collectivités sont entrées au capital de la SCIC. Kèpos se pose ainsi en relais proactif de politiques publiques qui peu à peu se construisent en matière de transition écologique, en même temps qu’il cherche à les influencer.

Dans le contexte des crises climatique et de la biodiversité, les expérimentations, telles celle menée par Kèpos, sont des jalons essentiels pour réorienter l’activité économique vers la durabilité et la sobriété. Il est crucial que ces expérimentations puissent prospérer et tenter de trouver des solutions pour que les enjeux écologiques soient réellement à l’agenda des entreprises.

Kèpos lance son catalogue de prestations dédiées à la transformation écologique des entreprises et des territoires

Kèpos et ses membres proposent depuis 2019 des offres de formations et d’ateliers diversifiées et adaptées aux différents publics à former et/ou sensibiliser : salariés d’entreprises ou de collectivités, élus, responsables ou bénévoles associatifs, particuliers, etc. Début 2021, notre nouveau catalogue de prestations vient compléter cette offre afin d’accompagner la transformation écologique des entreprises et territoires.

Riche d’une cinquantaine de fiches, il propose un large éventail de services avec un point commun : la prise en compte des problématiques environnementales et sociales qu’entreprises, associations ou territoires peuvent aujourd’hui rencontrer. Notre but : vous proposer une offre globale de transformation écologique de votre organisation, dans l’ensemble de ses dimensions : management, conception/production, énergie, systèmes d’informations, expertise-comptable, alimentation, aménagements extérieurs, etc.

Vous cherchez un support informatique qui maîtrise les enjeux de sobriété numérique ? Une prestation de communication ou comptable qui prend en compte les questions environnementales ? Un traiteur bio et local ? Un énergéticien pour maîtriser vos dépenses énergétiques ?

Vous les trouverez dans ce nouveau catalogue, aux cotés de nombreuses autres propositions, à télécharger sous ce lien ! Et bien sûr, n’hésitez pas à nous consulter pour toute demande particulière !

Kèpos lance une offre d’ateliers de sensibilisation à la transition écologique

La question de l’éducation et de la sensibilisation est au cœur des enjeux de la transition écologique. Celle-ci ne concerne pas seulement les enfants, mais toute personne, dans sa vie personnelle et professionnelle, à tout âge de la vie. Le discours sur la crise écologique est prégnant dans les médias, mais force est de constater qu’il n’engendre pas nécessairement une volonté de changement, et ce tant à l’échelle individuelle que collective. Pour aller plus loin, il est nécessaire que les questions écologiques ne restent pas en surface, mais soient capables de mettre en route tout un chacun en conscience. Car ensemble, il nous tout changer, et complètement. La capacité à être mû en profondeur est donc essentielle.

C’est dans cette esprit que Kèpos et ses membres ont conçu une offre partagée d’ateliers de sensibilisation à la transition écologique. Celle-ci s’adresse aux acteurs de l’éducation (nationale ou populaire), aux collectivités, aux organisateurs d’événements, aux entreprises, ou encore aux structures de l’action sociale. Chacun pourra y trouver des propositions d’ateliers d’une heure trente, une demi-journée ou une journée, adaptées à tous les contextes.

Découvrir le monde pour mieux le protéger, se former pour peu à peu changer ses modes de vie, créer et s’émerveiller pour faire surgir la poésie : autant de possibilités offertes par les ateliers que propose ce répertoire, tous animés par des professionnels. Tout un chacun (enfant, adulte, professionnel, personne en situation de fragilité) pourra ainsi découvrir le fonctionnement d’un sol, la vie d’un potager, le travail de la laine ou du bois, ou encore les clés d’une alimentation responsable. Ou comment se mettre en route par une autre relation au monde !

Quels que soient vos besoins, les membres de Kèpos seront heureux de mettre à votre disposition leurs compétences et leur enthousiasme, au service de la formation de tous.

Téléchargez ici l’offre partagée d’ateliers de sensibilisation à la transition écologique de Kèpos !

Illustration : Caroline Antoine, tous droits réservés

Journal de bord de Kèpos #2 : structurer la démarche

Les six premiers mois (de janvier à juin 2018) de Kèpos ont permis de tester l’idée. Ce test a pris la forme d’un premier collectif d’entreprises, qui ont pu ensemble définir la vision qui présidait à leur rassemblement. Dans le même temps, l’idée a été présentée à un certain nombre d’acteurs, qui ont pu apporter leur éclairage sur les facteurs clés de succès d’une telle démarche. Au mois de juin 2018, la feuille de route était donc considérablement éclaircie, permettant de définir les enjeux auxquels il s’agissait de répondre, les objectifs de la démarche, les outils et méthodes à utiliser et les modalités de financement à mobiliser. A partir de là, le deuxième semestre 2018 allait être le temps de la structuration.

D’un point de vue juridique, cette structuration s’est faite en deux temps. Tout d’abord, Kèpos a été accueilli au sein de la Coopérative d’Entrepreneurs Synercoop, une SCIC autogérée basée en Meuse. Celle-ci a permis que Kèpos puisse facturer, et surtout a ancré le projet au sein d’un écosystème de l’Economie Sociale et Solidaire très favorable. Ceci s’est également traduit par le transfert de méthodes et de compétences, de Synercoop vers Kèpos, notamment quant aux questions de gouvernance partagée. Cela étant, ce n’était pas Kèpos en tant que collectif qui était accueilli au sein de Synercoop, mais plutôt son coordinateur, ce qui limitait les marges de manœuvres. En particulier, il était de plus en plus demandé, de la part du cercle de partenaires en train de se construire autour de Kèpos, que le collectif se dote d’une personnalité juridique propre. A moyen terme, l’objectif était bien que celle-ci soit créée sous le format d’une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Afin de progresser petit à petit, les membres de Kèpos ont choisi de passer par une étape associative. C’est ainsi que l’association de préfiguration de la SCIC Kèpos a été créée le 11 décembre 2018. Il s’agit là d’une phase transitoire, celle-ci devant se transformer en SCIC avant l’été 2019. Ce type de processus présente l’avantage qu’il y a continuité de la personnalité morale quand l’association se transforme en SCIC : les conventions passées par l’une sont conservées par l’autre. C’est d’ailleurs, à notre connaissance, le seul cas où une association peut se transformer en entreprise.

Le deuxième chantier de cette phase de structuration concernait le financement de l’initiative. De premiers jalons ont été posés en la matière. Tout d’abord, les membres du collectif ont commencé à contribuer à son fonctionnement. Calculée en fonction de la marge brute de chaque entreprise, une participation est demandée à chacun trimestriellement. Cette contribution est bien sûr appelée à croître au fur et à mesure que les activités des membres vont se développer. Une deuxième source de financement a été initiée, à travers la réalisation de prestations pour les membres du collectif. En l’occurrence, il s’est agi de prestations d’assistance dans la recherche de financements, ainsi que de services de facilitation commerciale. Enfin, un premier essai de demande de financement auprès d’une fondation a été réalisé. Ce galop d’essai, auprès de la Fondation Amar y Servir, abritée par la Fondation Terre Solidaire, a été couronné de succès. La somme récoltée permettra de professionnaliser la communication du projet. Dans le même temps, un certain nombre de contacts a été pris dans la perspectives de soutiens publics ou privés, financier ou non, permettant d’envisager avec confiance les prochaines étapes : la création et la structuration de la future SCIC.

Enfin, le dernier axe de structuration du projet durant ce deuxième semestre 2018 a concerné la cohésion du collectif. Celui-ci s’est d’abord étoffé de nouveaux membres, qui ont permis de diversifier et renforcer ses compétences. L’objectif est d’arriver le plus tôt possible à une vingtaine de membres engagés de manière pérenne et déterminée. Ensuite, les interactions entre les membres se sont développées. Cela a pu prendre la forme de collaborations, ponctuelles ou plus durables, au service de la résolution de problématiques des uns ou des autres. Cela est encore émergent, mais les promesses sont là. Autre point de satisfaction : la cohésion du groupe monte en puissance. Chacun connaît mieux l’autre et ressent l’effet positif de prendre part à un groupe qui partage les mêmes valeurs et engagements. Il est de plus en plus clair que chacun prend du goût à la rencontre avec l’autre. De plus, des projets communs commencent à émerger. Ceux-ci concernent pêle-mêle la création d’un pôle d’activités de la transition écologique à Nancy, la mise en route d’une halle commerciale dédiée à la transition, la commercialisation commune de prestations auprès des entreprises du territoire, l’organisation d’une exposition d’art contemporain, ou encore l’élaboration d’une dispositif de préincubation des entreprises de la transition, dans le cadre de l’Appel à projets de la Région Grand Est « Fabrique à projets d’utilité sociale ». Enfin, l’intégration de Kèpos dans son environnement socio-économique se conforte, dans la foulée de discussions fructueuses avec le Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle, ou encore le Plan B.

Bref, l’enthousiasme est là ! Nous tous, membres de ce projet, vous en souhaitons autant pour cette nouvelle année 2019 ! Puissions-nous tous être des acteurs engagés et joyeux au service des autres, du monde et de notre planète !

Construction de Kèpos : notre vision

Les membres fondateurs du projet Kèpos se sont réunis en avril 2018 pour construire la vision qui préside à leur initiative. En voici les principaux éléments :

La vision qui nous réunit

Nous, entrepreneurs engagés dans la transition écologique et solidaire, nous réunissons pour créer un collectif d’échange et de mutualisation. Il fournira le cadre dans lequel soutenir le développement de nos activités respectives, à travers le partage et la rencontre, en interaction les uns avec les autres. Dans un souci de résilience, cette communauté d’entreprises offrira l’entraide et la solidarité que chacun est en droit d’attendre des autres. Elle veillera à ce que nos activités entrepreneuriales franchissent des caps, de manière viable économiquement et soutenable écologiquement.

Pour cela, nous voulons apprendre des choses ensemble, grâce à chacun d’entre nous, et faisons le choix de partager connaissances, compétences ou ressources, afin de créer des communs à la portée de tous les membres de la communauté. La coopération nous permettra ensemble de répondre aux enjeux qui se posent aujourd’hui aux sociétés humaines et à nos entreprises.

Cette communauté de travail et d’expériences se déploiera à travers un réseau de lieux partagés, permettant de valoriser entre nous les avantages de la proximité géographique. Elle se matérialisera également sous formes d’événements sur notre territoire, mettant en valeur la dynamique que nous portons. Ouverts sur le monde et sur autrui, nous voulons que notre collectif rayonne sur l’extérieur, au service de l’accomplissement de la transition écologique et solidaire.

Partant du constat d’un lien distendu des entreprises avec la nature, nous nous voyons comme partie intégrante de celle-ci, et voulons y retisser des liens harmonieux. Nous pensons que c’est là un héritage important que nous pourrons transmettre à nos enfants. En voyage sur cette planète, nous nous mettons en mouvement et souhaitons que notre action soit au service de toutes les formes de vie. Cela relève pour nous de notre responsabilité individuelle et collective.

La transition que nous voulons mettre en œuvre

La transition écologique et solidaire est une réponse aux désordres, écologiques bien sûr, mais plus largement systémiques, auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui. La concevoir et la mettre en œuvre nous demande de faire les choses différemment de ce que nous avons appris, de penser hors du cadre. En cela, elle nous incite à nous surpasser pour inventer de nouveaux modèles de vie et d’activités. Elle nous invite à construire des organisations résilientes, nous permettant d’anticiper et de nous adapter à des conditions de vie en changement rapide.

Les idées qui nous animent dans cette transition sont celles de sobriété dans l’usage que nous faisons des ressources, de durabilité des modes de vie que nous contribuons à construire, et de respect des êtres vivants et des personnes qui nous entourent. Pour nous, la transition à opérer nous incite à nous voir comme faisant partie des écosystèmes naturels. Dès lors, les problématiques écologiques doivent être au cœur de nos activités, afin que nous créions des modèles intégrant l’humain et son environnement. Les questions environnementales ne sont donc pas pour nous des contraintes, mais des aiguillons.

C’est là une mutation radicale et multidimensionnelle, qui construit plus qu’elle ne détruit : c’est une évolution plus qu’une révolution. Concrètement, nous faisons le choix, autant que possible, de l’agriculture biologique et locale, du zéro déchet, du recyclage, des low techs, d’une amélioration sensible de notre bilan carbone, du maintien de la biodiversité dans nos interactions avec notre environnement, d’un partage équitable de la valeur que nous créons, etc… Il s’agit de construire en la matière de nouveaux cycles vertueux. Nos modes d’organisation se réclament de la même logique, avec une option préférentielle pour la coopération, l’écoute et la bienveillance. Sur ce chemin, chacun avance à son rythme, à son niveau.

Nos lignes rouges

Nous pensons collectivement que notre engagement se traduit également par des lignes rouges que nous ne souhaitons pas franchir. Tout d’abord, notre démarche se veut indépendante et apolitique. Elle ne sera pas instrumentalisée par qui que ce soit et ne rentrera dans aucun clientélisme politique. Dès lors, elle refuse les effets d’affichage de type green washing ou social washing. Notre engagement au service de la transition est sincère, et nous nous donnerons les moyens qu’il le reste. Nous ne sommes pas et ne serons pas des marginaux.

Nous souhaitons nous protéger des logiques individualistes : par exemple, un membre de notre groupe qui se couperait du collectif, des personnes extérieures prédatrices de nos savoir-faire, ou encore une place trop importante laissée aux calculs et aux intérêts personnels. Notre engagement est réfléchi, mais c’est un engagement du cœur, qui mobilise ce que nous sommes, nos valeurs et notre motivation. Nous nous inscrivons dans une démarche de dialogue, dans et hors de notre groupe, avec toute personne aux opinions différentes.

Nos activités relèvent d’une logique de consommation responsable, refusant toute démesure en la matière. Elles ne prospèrent pas sur la surenchère technologique et prônent le ralentissement plutôt que l’accélération. Nous ne voulons pas que nos activités contribuent à ce qui détruit la vie. Et enfin, notre souci de la personne humaine implique le respect absolu de l’être de chacun : personne ne peut être instrumentalisé et tout un chacun sera valorisé. Car l’approche écologique que nous défendons est aussi une approche sociale, l’un n’allant pas sans l’autre.

 

Les parties prenantes de la démarche sont :

Centre Albert Jaeger (Saulcy-sur-Meurthe, 88)

Claire Zuliani (Epinal, 88)

Holoprest (Nancy, 54)

I Wood (Xirocourt, 54)

La Cantoche (Nancy,54)

lagence235 (Nancy, 54)

La plume à l’oreille (Besançon, 25)

L’atelier de Caroline Antoine (Tombaline, 54)

Les Fermiers d’Ici (Nancy, 54)

L’Héritage (Nancy, 54)

Saulcy EnVert (Saulcy-sur-Meurthe, 88)

Transhumanz (Nancy, 54)