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Kèpos au Forum du Développement Durable à Strasbourg

Accompagnée de Fibricoop – coopérative de valorisation des déchets textiles industriels – et Frugali – cabinet de conseil et de formation en alimentation durable, Alexandra, notre alternante en communication, s’est rendue dans l’une des trois capitales européennes pour participer au Forum du Développement Durable. La 12ème édition du Forum avait lieu le mardi 9 novembre 2021, sous un format hybride alliant événement physique au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg et sessions décentralisées accessibles en physique ou en ligne depuis Laxou et Châlons-en-Champagne.

Organisé par l’association « Initiatives Durables », engagée au service de la responsabilité sociale, économique et environnementale, le Forum vise à promouvoir la transition écologique et créer des synergies entre professionnels du Grand Est.

L’évènement en quelques chiffres

Depuis 2008, le Forum a rassemblé plus de 7000 participants, 644 intervenants & animateurs, 164 sessions et 20 plénières

Le thème choisi pour cette nouvelle édition était le suivant : « Choisissons nos demains ! ». L’occasion de remettre en question nos modes de consommation post crise sanitaire et de nous questionner sur les solutions concrètes possibles et souhaitables de « demain ».

Au programme cette année

  • 5 parcours thématiques : environnement, coopération, numérique, projection, organisation et management
  • Des tables rondes
  • Des ateliers participatifs
  • Des rendez-vous de networking
  • La remise des Trophées RSE Grand Est

Autant de thématiques auxquelles Kèpos, en tant que structure de l’Economie Sociale et Solidaire, est attachée et et à la promotion desquelles notre coopérative travaille quotidiennement auprès des collectivités et de la société civile.

Une première table ronde « Anticiper, réagir et s’adapter : vers des territoires plus résilients » nous a permis de rencontrer des acteurs engagés de la région pour qui la notion de coopération représente également une valeur forte. « La résilience est notre horizon quoiqu’il arrive, il n’y aura pas de transformation de territoire sans les entreprises » soulignaient Sebastien Maire, délégué général de France Ville Durable et Pierre Zimmerman, chargé de mission ville en transition à l’Eurométropole de Strasbourg.

La journée a également été ponctuée d’ateliers participatifs sous le signe de l’impact numérique et de ses leviers d’actions. De beaux échanges sur les manières de réduire son impact environnemental par le biais de logiciels OpenSource et des démarches de sobriété numérique. Différents champs d’action sur lesquels Kèpos se positionne déjà depuis la création de la SCIC, en privilégiant des outils libres et une communication responsable.

Une belle opportunité pour notre structure et nos membres d’engager le dialogue avec des entrepreneurs engagés de la Région Grand Est et de favoriser l’échange de bonnes pratiques !

Retrouvez le déroulé de l’évènement sous ce lien !

De retour du salon Produrable, ou la difficulté de penser hors du cadre

Les 4 et 5 avril dernier à Paris se tenait Produrable, le salon de référence en France dans le domaine du développement durable. Le thème, « Au-delà de la RSE… », invitait à aller plus loin que les seules approches promues par la loi en matière de responsabilisation des entreprises quant à leurs impacts sociaux ou environnementaux. Pourquoi ? Tout simplement parce que, de l’avis d’un grand nombre de personnes que j’ai pu rencontrées sur place, la plupart des acteurs économiques s’en tiennent en la matière à leurs obligations légales, définies dans le cadre de ce qu’on appelle la « Responsabilité Sociétale des Entreprises ». Or, si l’on y regarde de près, ces pratiques ne sont absolument pas capables d’affronter à leur juste niveau les défis environnementaux et sociaux qui sont les nôtres. Dès lors, il convient, comme le disait une consultante présente sur les lieux, de questionner les « nouvelles frontières du développement durable ». Cela revient, d’une certaine manière, à poser aux entreprises la question de leur transition écologique, en les aidant à intégrer les problématiques de sobriété, quant à l’usage qu’elles font de leurs ressources, de limitation de leurs impacts, et de résilience de leur organisation.

Mais il y a très loin de la coupe aux lèvres en la matière, tant les acteurs présents ne présentaient quasiment tous que des approches de type « business as usual » dans la manière dont ils abordaient les questions de RSE ou de développement durable. Chacun se défaussent alors sur l’insuffisance du cadre réglementaire, dont seule l’évolution serait à même de faire muter les stratégies des entreprises. Curieusement, de l’avis des personnes rencontrées, ce sont les grands groupes qui ont le mieux compris les enjeux en cours : ceux-ci ont sans doute mieux saisi que des PME, prises dans le quotidien, que leurs modèles d’affaires étaient en sursis. Mais même avec des dirigeants éclairés et ayant des moyens à consacrer à ces problématiques, il est très délicat d’avancer, et, en tous cas, pas jusqu’à la remise en cause de la recherche d’une meilleure profitabilité.

En effet, dans tous ces milieux, il reste très difficile de penser en dehors du cadre. C’est ce que confirmait une table ronde consacrée à l’état des filières agricoles et agro-alimentaires, organisée le 5 avril au matin, en présence de responsables de la FNSEA ou de cadres du secteur coopératif. Pour ces dirigeants, on assiste à une « destruction de valeur » à l’aval de l’agriculture, qui se traduit par des tendances déflationnistes sur les produits, et une rentabilité introuvable pour les activités agricoles. Dans ce contexte, les questions environnementales sont alors des demandes sociales qui émanent d’une opinion partiellement manipulée. A aucun moment, les perturbations environnementales majeures, attribuées par les chercheurs à nos modèles agricoles, en matière de perte de biodiversité ou d’épuisement des sols, ne sont comprises comme des réalités objectivables. Et pourtant, dans une autre table ronde sur la biodiversité, organisée le même jour dans l’après-midi, le WWF, l’Institut Océanographique Paul Ricard ou le Muséum National d’Histoire Naturelle alertaient sur la situation mondiale gravissime en matière de biodiversité. Mas bizarrement, l’organisation du salon était ainsi faite que ces organisations et les responsables agricoles du matin ne pouvaient se croiser. Décidément, sortir des sentiers balisés et questionner les schémas établis sont choses difficiles…