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Revue de projets #22 : la Benne Idée

A l’occasion du lancement de son financement participatif, la Benne Idée, nouvelle recyclerie créative sur la Métropole du Grand Nancy membre de Kèpos, répond à quelques unes de nos questions !

La Benne Idée, c’est quoi ? C’est qui ?

La Benne Idée c’est toi, c’est elle, c’est lui, c’est moi, c’est tout ceux qui veulent contribuer à diminuer la prolifération des déchets, et le faire de manière solidaire. Concrètement c’est une association qui collecte, valorise et vend à prix solidaires les objets de l’habitat (mobilier, bibelots, vaisselles, bricolage, …). L’association fonctionne grâce à l’implication de bénévoles, de réseaux partenaires (Le Plan B, le Florain, Kepos, le Réseau National des Ressourceries), et de son premier salarié !!

En quoi est-ce que votre projet contribue à la transition écologique et sociale du territoire ?

Nous y contribuons, modestement, en donnant une deuxième vie à des objets destinés à être jetés. Cela présente deux avantages: éviter la production d’un nouvel objet, et éviter la production d’un déchet. La recyclerie a également un impact social puisque nous vendons à prix solidaire. Cela permet aux personnes en difficultés de s’équiper. Nous allons également mettre en place un atelier chantier insertion, et ainsi créer des emplois pour sept personnes d’ici la fin d’année. Enfin en communiquant, en faisant des ateliers, on contribue à changer les modes de consommation.

Vous aviez été interviewés il y a un an environ, quand vous intégriez la Serre à Projet. Que s’est-il passé depuis ?

Aahhhh, ça semble loin maintenant !!! Beaucoup de sueur a coulé sous les ponts depuis. On a finalisé notre étude de faisabilité et elle a été validée par l’ensemble des partenaires du projets. Ca nous a permis de commencer l’activité collecte et rénovation en test dans la grande halle de l’Octroi. Grace à la mairie de Jarville, on s’est aussi installés dans un grand local au 16 avenue de la Malgrange. Ca nous a pris pas mal de temps de le nettoyer et le mettre en état avec des aménagement sommaires avant l’été. Depuis cet été on a commencé les ventes à prix solidaires via le site internet. Enfin, on assure maintenant des permanences les mercredi (10h-17h) et samedis (10h-13h). C’est top, on voit plein de monde qui à la fois apporte des objets et en achète. On reçoit plein de soutien, ca fait plaisir de voir qu’on rend service. L’activité créative démarre petit à petit, on va renouveler un partenariat avec l’Ecole de Design (ENSAD) et ainsi accueillir un groupe d’étudiants qui va développer des projets pendant un an. On a également démarré un projet avec l’atelier de tapisserie DM pour la valorisation d’éléments d’assise.

Quelle progression ! Si tout se passe comme dans un rêve, à quoi ressemblera la Benne Idée dans 5 ans ?

Dans un rêve, on n’existerait plus parce qu’il y aurait plus de déchets à collecter et plus personne en difficulté. Mais bon, on y croit pas, donc on va se contenter d’une version réaliste: dans 5 ans on sera toujours à Jarville, dans un beau local intégré à la futur cité des métiers d’art, avec une chouette équipe de bénévoles et des anciens salariés en insertion qui viennent nous rendre visite pendant la pause de leur nouveau boulot. L’activité créative se sera bien développée et on pourra proposer des objets créatifs en partenariat avec des artisans locaux qui se vendront en Florains 😉

Vous avez lancé une campagne de financement participatif qui prend fin le 30 septembre. A quoi va vous servir l’argent collecté ?

L‘argent collecté va nous servir à acquérir un camion, lequel nous permettra d’effectuer des collectes, de participer à des évènements, et exceptionnellement effectuer des livraisons. Pour nous c’est une première cette campagne. Elle part très bien, et au delà du montant, ça donne vraiment un gros coup de boost de recevoir autant de soutien. On se dit que le projet a vraiment du sens et qu’il est bien accueilli.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, avez-vous un mot de la fin ?

On va vous souhaiter une très Benne journée 🙂

Regarder le monde avec Envie

Envie est un réseau d’entreprises d’insertion implantées un peu partout sur le territoire français, qui se propose de recycler les appareils électroménager. Nous avons eu la chance d’en visiter récemment une des implantations en Lorraine, Envie 2E. L’activité consiste à récupérer ces déchets nommés DEEE (Déchets d’Équipement Électrique et Électronique) en déchetterie, qu’il s’agisse d’écrans d’ordinateurs et téléviseurs, gros électroménager hors froid, gros électroménager froid. Ce sont ainsi 15000 tonnes qui sont traitées annuellement sur le territoire lorrain. La visite de la plate-forme logistique où sont triés ces appareils laisse une impression saisissante, devant l’importance du flux traité. Le petit électroménager est déversé dans des bennes comme le serait n’importe quel matériau, et l’appareil qui semble être un investissement pour le consommateur apparaît en fin de vie comme un simple consommable.

Plusieurs éléments font la singularité de l’activité d’Envie. Tout d’abord, une partie des appareils est sortie du circuit de traitement usuel pour être réparée et vendue dans des boutiques dédiés. Cette activité est connue du grand public, mais il n’en reste pas moins qu’elle ne capte qu’une part très minoritaire du flux. Deuxièmement, Envie est une entreprise d’insertion, financée partiellement par l’État à cette fin : elle emploie sur des durées de maximum deux ans des personnes faisant face à des difficultés d’insertion professionnelle. Elle les forme, travaille avec elles sur leur projet, et les accompagne vers un emploi durable dans les entreprises industrielles du bassin. Enfin, dernier élément intéressant : comme n’importe quelle entreprise, Envie fait des gains de productivité afin de soutenir la compétition économique. Afin de maintenir le volume d’emploi, ce qui fait partie de son cahier des charges, elle affecte ces gains au lancement de nouvelles activités, comme par exemple le recyclage de matelas, ou de matériel médical.

Sur l’ensemble des types de déchets concernés, les filières sont en place. Il y a cependant loin de cette situation à l’idéal d’économie circulaire, qui ferait que nos déchets seraient nos ressources. D’abord parce que des composants de ces déchets sont toxiques : il y a donc un enjeu de dépollution et d’élimination maîtrisée de ces éléments. Ensuite, parce qu’on détruit en grande partie ces matériels pour les valoriser sous la forme de poudre : de plastique, de matériaux métalliques ferreux ou non ferreux. Enfin, parce que le réemploi tel quel des appareils après mise à jour n’est que très partiel. Les pertes en ligne sont donc considérables. Et in fine, l’étape qui paraît cruciale dans la gestion des déchets, c’est la phase de conception des produits. Leur conception va conditionner leur usage et leur fin de vie, en mettant au cœur de la valeur créée leur maintenance et leur réparabilité. Le consommateur est le maillon intermédiaire : son rapport à l’objet, son comportement au moment de l’achat ou sa volonté de privilégier durabilité ou performance vont réduire ou amplifier le flux sortant de déchets. La problématique est donc complexe. Elle appelle des changements de modes de vie dont on sait qu’ils sont les plus difficile à obtenir, à l’heure où l’usage ou la propriété d’objets constituent la manière la plus répandue d’être au monde.